« Le jour où j’ai réalisé que j’avais le droit d’être moi, et où j’ai osé accepter les côtés que certaines personnes n’apprécient pas chez moi, je me suis sentie de plus en plus libre »

                                                                                                                                                             –  Laura Nathalie

 

Laura Nathalie est la créatrice de « Badass Introvertie ». A l’origine de son parcours, une timidité un peu difficile à vivre au quotidien… puis un jour: le déclic! Un voyage lui offre le prétexte de se raconter sur son blog. De ses moments d’écriture, elle trouvera sa force, de ses partages, son public! Depuis, Laura ne s’arrête plus! De textes inspirants, cette demoiselle d’une authenticité rare est passée également aux vidéos, avec un pep’s incroyable et une énergie débordante et communicative. Exit la timidité! Elle invite aujourd’hui les autres à écouter leur appel intérieur, et à s’exprimer pleinement avec le coeur.

 

 

Bonjour Laura ! Merci d’avoir accepté cette interview pour lalter-native.fr. Tu as aujourd’hui un blog à ton nom, une chaîne Youtube, tu interviews également des personnes. Tu écris aussi des textes inspirants. Pourtant, au tout début du parcours, tu étais quelqu’un d’introverti. Comment passe-t-on d’une personne introvertie à une personne libre et inspirante sur le web ?

Déjà merci pour l’invitation ! Cela m’a pris beaucoup de temps d’accepter mon introversion. J’ai longtemps cru que cela était un défaut : la timidité, le fait de toujours avoir peur de ce que les autres pensent de moi…  Je m’enfermais beaucoup sur moi-même. Je pense aux situations de groupe notamment. Ce n’est pas naturel pour moi. Je puise ma force quand je suis seule dans mon introversion. La découverte de l’écriture m’a beaucoup aidé. Je suis partie en voyage, en dehors de mon environnement familier. Donc, j’ai décidé de me « lâcher » à travers l’écriture, sur mon premier blog. J’ai donc découvert que je pouvais mettre mes sentiments par écrit. Et je me suis dit : « je vais voir ce qui se passe ! ». J’ai passé un article sur Facebook. Quand j’écrivais, je n’avais pas peur car j’étais avec moi-même. Et avec moi-même, je suis très à l’aise. Alors que quand je suis dans le monde, avec les autres êtres humains, c’est plus difficile ! Les réactions ont été incroyables ! J’ai pris conscience que si je travaille quand je suis dans ma force, ma puissance, ma bulle d’introvertie, ceux qui ne me comprenaient pas jusqu’à présent me comprenaient un mieux. Et peut-être que j’arrivais un peu à les inspirer, car je trouve facilement les mots. Après, j’ai pris goût à partager mes pensées. J’ai vu que cela pouvait avoir un impact sur les autres. Du coup, je suis passée à la vidéo, ce qui fut un peu difficile, mais je fais cela par étapes.

C’est un pas de passer du texte à la vidéo. Je pense que ce n’est pas forcément simple ?

J’ai l’impression qu’avec le texte, notre âme est davantage révélée qu’avec la vidéo. Après, il y a tout ce qui est physique dans la vidéo. Je n’ai pas toujours aimé mon physique. Donc, il y avait tout ce côté-là à appréhender. Accepter que les gens vont voir ma tête et qu’ils ne vont peut-être pas aimer ma façon de m’exprimer. Je me disais : « De toute façon, ça va dans la lancée de tes textes ». Et puis surtout, je réalise que c’est important. Donc, je continue.

Comment cela s’est passé en toi, la première fois que tu as dû partager un texte ?

J’étais à l’aéroport. Je me disais « Si c’est trop pourri, et que les gens critiquent, la plupart des gens, je les laisse derrière vu que je m’en vais en voyage ! ». J’ai été également très inspirée par des blogs et des écrits. Si ces personnes n’avaient pas osé partager leurs textes, je n’aurai pas pu moi-même apprendre autant et être inspirée. Je me suis dit qu’il était égoïste de ma part de garder des choses qui pourraient en inspirer d’autres. Mais il y avait aussi cet autre côté, qui se demandait si c’était arrogant de ma part de prétendre que les gens allaient s’intéresser à ce que je dis. Cela m’aide quand j’écris, donc, peut-être que ça donnera l’envie à quelqu’un d’autre. Et puis, il y a des moments où j’en ai carrément marre de retenir autant de choses en moi ! Donc, des fois, c’est un peu « allez go ! j’y vais ! ».

Le titre de ta page et de ton groupe c’est « Badass Introvertie ». Pourquoi avoir choisi ce nom ?

J’hésitais parce que c’est un terme anglais. Pour moi c’était évident car je parle anglais. Mais ma mère pensait que tout le monde ne comprendrait pas. Il n’y avait pas d’équivalent en français. Pour moi, il évoque vraiment quelque chose dans le sens de : « Quoi qu’il arrive, je suis courageuse, et je fais les choses ! J’ose être ». Il y avait un peu ce côté rebelle, « Voilà, c’est moi ! ». J’aimais bien le mettre à côté du terme « introvertie »qui pendant longtemps pour moi avait été une sorte de limite. Du coup, le message c’était de dire : « Tu peux être introvertie, mais si tu as un côté « badass », tu vas faire des choses incroyables et inspirer les autres ! ».

 

« Tu peux être introvertie, mais si tu as un côté « badass », tu vas faire des choses incroyables et inspirer les autres !  »   –   Laura Nathalie

 

Tu évoques beaucoup le terme de « la liberté » dans ton blog. En quoi pour toi est-elle fondamentale ?

La manière dont je perçois la liberté est quelque chose d’assez intime, personnelle. Il y a la liberté de choisir de faire ce que l’on veut faire dans la vie. C’est important. La liberté de pouvoir se lever le matin, et de se dire « Est-ce qu’aujourd’hui, j’ai envie de changer de vie ? Qu’est-ce que j’ai envie de faire ? ». Mais j’ai ensuite réalisé que c’était quelque chose de beaucoup plus fort : longtemps, je ne me suis pas sentie libre dans ma vie. Comme je n’étais pas à l’aise dans le monde, en société, je n’avais pas l’impression d’être libre d’être moi. J’avais l’impression que je me limitais tout le temps. Et donc, je me sentais comme enfermée dans le corps. C’était cette sensation d’être toute petite. C’est pour ça que le mot « liberté » est vraiment important pour moi. Le jour où j’ai réalisé que j’avais le droit d’être moi, et où j’ai osé accepter les côtés que certaines personnes n’apprécient pas chez moi, je me suis sentie de plus en plus libre. C’était une telle émotion ! Je me suis dit que si tout le monde pouvait se sentir ainsi, ils oseraient faire les choses qu’ils aimeraient faire. Alors, on pourra lancer des projets extraordinaires, et l’humanité avancera vers quelque chose de sensationnel. Si on se sentait libre, il y aurait moins de dépressions, et on ne ferait pas des choses pas toujours très nettes… Je pense que si on se sentait libre de faire ce que l’on aime, le monde irait mieux !

 

 

« Si on se sentait libre de faire ce que l’on aime, le monde irait mieux.« 

                                                                                                             Laura Nathalie

                                                                                                                                   

 

 

Tu parles également beaucoup du lâcher-prise. C’est une donnée qui est pourtant difficile à expérimenter. Comment en ayant été très timide, arrive-t-on à un point de lâcher prise visiblement assez extraordinaire ?

Il y avait tellement de choses qui bouillaient en moi… Je me ressassais mes erreurs, et j’ai été dans le contrôle très longtemps. J’ai juste goûté un petit peu ce que ça faisait de ne pas être dans le contrôle. Et je me suis dit que je ne pouvais plus revenir en arrière. Mais c’est vrai que ce n’est pas facile. Encore aujourd’hui, je n’y arrive pas toujours. Si j’écris quelque chose et qu’il n’y a pas tout de suite des réactions positives, il y a une partie de moi qui se dit que ce que j’ai fait est nul ! Je pense que c’est important de partager ses doutes également. C’est ce genre de choses qui peut montrer aux autres qu’on est humain, et que l’on n’arrive pas toujours à être aussi bien qu’on le voudrait. En parler déjà, c’est un lâcher prise énorme ! Et je pense que cela pourrait aider d’autres personnes à faire pareil : s’exprimer à leur façon.

Est-ce qu’il y a un lien pour toi entre l’abandon du contrôle et le lâcher prise ?

Pour moi, cela va ensemble. Car l’idée de vouloir tout contrôler, nous met une immense pression. Que ce soit dans la façon dont on est au monde, ou juste dans notre travail, c’est extrêmement lourd à porter. C’est très difficile de lâcher prise quand on est dans le contrôle. Alors qu’en réalité, nous avons le contrôle sur très peu de choses en fait. Mais par contre, tout ce que je fais a un impact ! Ce sont donc deux notions qui se complètent. Parce que je n’ai pas le contrôle sur tout ce que je fais, mais si je fais des choses avec le cœur, il y a un impact.

Cette jolie prise de conscience sur le fait que si tu fais les choses avec le cœur, cela aura un impact, tu l’as eu comment ?

Il y a eu beaucoup de lectures, et des notions que j’ai apprise d’autres personnes. Mais si tu crées avec le cœur, cela se sent. Je le réalise au quotidien. Quand je fais les choses, mais que je suis dans la peur, il y a un malaise pour moi et pour les autres. Je me dis donc que si je fais tout dans le cœur, tout ira bien.

 

« Je n’ai pas le contrôle sur tout ce que je fais, mais si je le fais avec le coeur, il y a un impact. » – Laura Nathalie

               

Dans une de tes dernières vidéos, tu développes un point de vue sur le fait de ne pas avoir honte de gagner de l’argent pour réaliser ses rêves et œuvrer pour l’humanité. On sait que l’argent est un sujet un peu tabou. J’aimerai bien que tu nous en parles…

Ce sujet me passionne ! J’ai grandis dans une famille « classe moyenne ». Quelques fois, il y avait des mois difficiles. Et il y avait toujours un côté : « l’argent, c’est mauvais ! ». Donc, j’ai gobé ces croyances, et je ne me posais pas trop de question, car j’étais très heureuse. J’avais l’impression de ne manquer de rien. Je me disais que peut-être que le bonheur allait avec le fait de ne pas avoir trop d’argent. Depuis, je me suis intéressée au monde du développement personnel et de l’entrepreneuriat, et surtout à comment on peut avoir un impact dans le monde. J’essaie d’avoir une grande vision des choses. Je me suis rendue compte que l’argent était toujours coincé au même endroit. On peut bien sûr se dire que l’argent n’est pas important, si je suis dans une mission locale ou que je fais du bénévolat par exemple. Mais j’ai aussi rencontré beaucoup de personnes qui sont dans le bénévolat. A côté elles galèrent, car elles doivent faire de l’argent pour des entreprises qui ne respectent pas leurs valeurs. C’est en partant de cette réflexion que j’ai produit cette vidéo. Dans The Celestine Prophethy, il décrit comment l’humanité pourrait évoluer. L’auteur dit également que si tout le monde commence à faire les choses avec leur cœur, et décide de vivre de leurs talents, de plus en plus de personnes rejoindrons le service, pour eux-mêmes se sentir mieux dans leur vie. L’économie pourrait même carrément changer, et être plus tard sans argent.

 Tant que je reste avec mes croyances que « l’argent c’est mal », je le laisse continuer à circuler dans les mains de ceux qui ne vont pas forcément en faire de belles choses, ou qui ne l’ont peut-être pas acquis pour les bonnes raisons. Donc, je ne rends pas service au monde comme cela. Alors que si je décide que l’argent c’est bon, que je décide de l’accepter, et que je suis très stratégique avec, en pensant comme une « business woman » (même si ce n’est pas mon identité à la base), je me dis que tout de suite, je vais pouvoir faire des projets géniaux, je vais pouvoir aller dans les pays qui ont vraiment besoin de cela et donc, pour moi, il y a un lien direct !

                                                                     

Tu as également écrit un texte sur les « changeurs de monde ». Pour toi, en quoi sont-ils importants ?

Depuis toute petite, je me demande pourquoi le monde n’est pas juste. Quand je voulais parler de cela avec mes amies à l’école, je remarquais que ce n’était pas forcément les sujets qui semblaient intéresser tout le monde. Donc, je me sentais un peu seule dans cette démarche. Le choix de mes études, comme beaucoup d’autres de mes choix, étaient guidés par cette interrogation sur le monde. J’avais très envie de partager ces réflexions avec d’autres personnes. Quand j’ai commencé à m’intéresser au développement personnel et à l’entrepreneuriat, j’ai remarqué que c’était des gens qui aimaient penser à comment on peut changer le monde. Je pense que l’on a tous cela en nous. On a juste des façons différentes de l’appréhender. Peut-être que cela vient à différentes étapes de la vie. Je pense que plus on éveille cela en nous, plus on peut changer le monde ! Ne pas se dire : « le monde est horrible, et puis, c’est tout ». Non ! Se dire : « Moi aussi je peux faire quelque chose ! » Et plus on est avec cela en nous, plus cela a un effet boule de neige. Avec cela, on pourra vraiment arriver vers un autre monde, je pense.

Ce nouveau monde, avec ces nouvelles valeurs, ce serait quoi pour toi ?

J’ai une vision à court terme, et j’ai une vision quand je serai morte. Je pense que cela prend du temps. Le monde que je vois dans longtemps (même si je parais très utopique), c’est un monde qui sera basé sur de très belles valeurs. On fera tout dans l’amour. On se sentira très libre. Après, j’ai une vision qui est très lointaine. Donc, je pense qu’il faut lâcher prise sur ce à quoi ça pourrait ressembler, parce que, on essaie de l’appréhender avec des concepts d’aujourd’hui. Mais avec la réalité d’aujourd’hui, il est normal de s’entendre dire : « non, mais ce n’est pas possible ton truc ! ». Donc, je sais que c’est possible au fond de moi, mais je ne peux pas trop mettre des mots dessus.

Par contre, une vision à très court terme -et je pense qu’on le voit de plus en plus-  ce sont des gens qui ont de plus en plus envie de vivre en adéquation avec leurs valeurs. D’ailleurs, je trouve qu’on le sent de plus en plus partout et que tu participes très bien à le montrer avec ton site. Déjà pour moi, je n’ai plus envie de faire quelque chose pour lequel je ne vois pas le sens. Donc, on va de plus en plus vers ce mouvement. Je pense que l’on va passer d’une période un peu « rebelle » contre le capitaliste à se dire : « Ok ! Comment je fais pour vivre de mes talents, dans mes valeurs ? Comment je peux créer de l’argent avec ?- Comme cela, je ne stress pas, et je peux vraiment avoir un impact- et voilà ! » Je pense que c’est comme cela que la transformation du monde va se faire. C’est comme cela que je vois les choses.

Pour toi est-ce important d’incarner ce que l’on est dans ce que l’on fait, au niveau de son travail, ou dans le sens vers lequel on œuvre ?

J’ai beaucoup de mal avec les environnements de travail qui sont très rigides, parce que j’ai l’impression de ne pas pouvoir être totalement moi dans ce contexte. Je pense que c’est quelque chose qu’expérimentent beaucoup de personnes. C’est-à-dire que selon les environnements où ils se trouvent, ils ne peuvent pas représenter qui ils sont et leurs vraies valeurs, parce qu’ils sont un peu bloqués. Cela ne correspond pas aux attentes de l’entreprise. Je pense que cela rejoint l’idée de « liberté » : car si tu décides de te lancer sur le chemin, il y a ce côté : « J’accepte d’être qui je suis. ». Donc, cela fait peur, mais en même temps, c’est tellement libérateur ! Car mettre tous ces masques tous les jours, c’est fatigant !

Ne pas se dire : « le monde est horrible, et puis, c’est tout ». Non ! Se dire : « Moi aussi je peux faire quelque chose ! »  – Laura Nathalie

L’actualité de Badass introvertie, c’est quoi ?

Je vais organiser quelques séminaires sur « Comment se vendre ? » car je connais ma cible, et je sais que les gens comme moi avons du mal à se mettre en avant et j’adore le marketing. J’en ai certains qui m’ont demandé de faire une version en ligne, car ils étaient en France ou loin de ma ville, donc, je pense que la prochaine étape ce sera cela. Et je pense faire également un certificat de coaching pour pouvoir accompagner les personnes car on me le demande quelques fois.

Un petit mot de la fin Laura Nathalie ?

Déjà, merci d’avoir regardé cette vidéo ! J’ai envie de dire : « Si vous avez envie de faire quelques choses, mais que vous avez des doutes ou des peurs qui vous retiennent, allez-y quand même ! Quoi qu’il arrive, il faut y aller. Vous n’êtes pas obligé de quitter votre travail ou de vous mettre à « danser nu dans la rue », mais commencez des projets. Des petites choses qui font que vous vous sentez vous-même, et vraiment biens. C’est vraiment quand on est dans cet état-là que tout se développe dans la vie je crois. Dans cet état de « moi je suis moi, je créée ce qui me fait plaisir, et je suis mes valeurs » Tous les autres problèmes de la vie prennent moins d’importance. Tout devient un peu plus léger. »

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