« Je pense que le défi de notre vie est de s’accorder à la vibration de notre âme. Cela devient donc une audace. »

               -Sabine Bazillio

 

 

Sabine Bazillio est Gelstalt thérapeute. Suite à un licenciement, elle décide de changer de vie pour se lancer dans cette nouvelle voie, et rencontre rapidement un grand succès. Ce bouleversement l’amène à mieux se connaître et à arpenter un chemin de reconnexion profonde envers elle-même. Passionnée par le lien à l’autre, elle intègre dans sa pratique cette dimension, comme une véritable porte de connaissance de soi. Inspirée, elle peint ses états d’être, qu’elle a l’idée de rassembler au sein d’un jeu de cartes, l’ « Audace de l’âme ».

Zoom sur une personne lumineuse qui a l’audace de vivre son essence. 

Sabine Bazillio, Bonjour ! Je suis ravie de t’accueillir pour lalter-native.fr.

Tu es donc Gelstalt Thérapeute. Peux-tu nous dire en quoi cela consiste ?

Je pratique la Gelstalt Thérapie depuis presque 15 ans. C’est un accompagnement humaniste de la personne où l’on prend en compte toutes ses dimensions, notamment sa dimension spirituelle

Je n’ai pas toujours été dans le domaine de l’accompagnement intime de la personne. Mais j’étais dans le domaine des services, plus particulièrement, le tourisme et l’hôtellerie. Je me suis rendue compte que je participais beaucoup au fait que la personne se sente bien dans la relation. Je travaillais pour des marques, mais ce qui restait de mon travail quand je pensais à ce que je faisais, c’était le lien à la personne. J’ai été licenciée, et ce fut pour moi l’opportunité de changer ma façon de vivre ma vie – à savoir ne plus être constamment entre deux trains, ou deux avions, en déplacement – et cela m’a aussi amené à me poser la question de savoir ce que je voulais garder de cette expérience professionnelle. Ce qui a fait tout de suite sens pour moi, c’est le lien à l’autre, la relation à l’autre.

Qu’est-ce qui t’a amené à cette thérapie spécifique ?

C’est d’abord une expérience personnelle. Comme souvent dans la vie, on expérimente pour soi. Et je me suis rendue compte que cela fonctionnait. Comme j’avais le désir de reprendre des études, je suis allée en faculté de psychologie. Parallèlement à cela, j’ai rejoins une formation de Gelstalt Thérapeute, à l’école Parisienne de Gelstalt. Ensuite, tout s’est enchaîné très simplement. Je me suis installée dans ma ville à Montpellier, les personnes sont venues à moi, et j’ai assez vite bien travaillé. Je prends beaucoup de plaisir à voir les personnes évoluer de plus en plus vers elles-mêmes. C’est cela qui me touche le plus : comment elles se réapproprient qui elles sont vraiment au fond.

Pour toi, comment ce lien à l’autre -qui a l’air d’être un peu le fil rouge de ta vie-, résonne avec le lien que l’on entretient avec soi ?

L’autre est souvent le reflet de soi-même. En bien ou en moins bien. En « difficile à accepter » ou en valorisant. L’autre est un formidable outil de connaissance de soi. Le thérapeute en Gelstalt est très impliqué dans la relation. Il va nommer ce qu’il ressent, ce que vient de vivre la personne quand elle dépose des situations de vie ou des émotions. C’est en faisant miroir que le thérapeute va l’amener à se réapproprier les parties honorables ou un peu plus désavouées. Ce que l’on peut appeler l’ombre aussi. C’est comme cela que la personne va retrouver son entièreté, pour se rassembler en une seule et même personne qui est faite de tous ces morceaux.

Ce lien à l’autre permet-il selon toi de mieux s’aimer/s’accepter ?

A partir du moment où on est moins critique vis-à-vis de l’autre, que l’on est moins écorché, plus apaisé, on peut mieux s’accueillir avec les côtés que l’on aime un peu moins chez soi. Et si cela se détend progressivement, il y a quelque chose qui peut devenir de l’amour. Une vraie acceptation de soi, un véritable accueil. A ce moment-là, c’est très doux. Parce que la perfection n’existe pas chez l’être humain. Si on était parfait dès le début, il n’y aurait pas à grandir ! C’est ce chemin-là vers lequel on tend. On voit qu’il y a plein de choses dans le développement personnel qui sont proposées pour accéder à une version plus belle et facile à vivre pour fonctionner, plutôt que de rester dans des croyances et des rigidités.

 

« L’autre est souvent le reflet de soi-même. En bien ou en moins bien. En « difficile à accepter » ou en valorisant. L’autre est un formidable outil de connaissance de soi. »

 

Tu es aussi l’auteur d’un oracle, « l’Audace de l’âme ». On peut y trouver des peintures inspirées et inspirantes que tu as fait. Est-ce que tu peux nous dire comment est née l’idée de cet oracle ?

Cela vient de mon processus personnel de connaissance de moi-même. Là aussi, j’ai commencé par moi, en mettant en couleur des états que je ne comprends pas forcément mais qui sortent au travers de mes pinceaux. Avec des aquarelles ou de l’encre. Voir comment je me sentais en créant les peintures, en les regardant ensuite, et ce que cela provoquait chez moi – cela me faisait vraiment du bien –  m’a fait dire que cela pouvait peut-être faire du bien à d’autres personnes. En Gelstalt, on travaille souvent avec la métaphore et le symbole. Quand les personnes ont du mal à exprimer un état d’être profond, je leur demande : c’est de quelle couleur ? Est-ce que c’est chaud ? Froid ? A partir de cela, on arrive à faire émerger une forme qui en dit plus long sur ce que ressens la personne intimement. Je me suis donc dit que je pourrai créer un jeu qui pourrait servir de support de projections, ou d’éclaircissement en piochant une carte. Cela peut venir m’éclairer sur quelque chose tapis à l’intérieur de moi. Dans le brouillard extérieur de ma vie, je suis peut-être en incapacité de bien écouter ce qui se joue. C’est une manière assez ludique de le faire. Car c’est un oracle, mais cela peut être un jeu aussi : on peut prendre sa carte et la regarder avec un regard d’enfant.

Tu l’as appelé « l’Audace de l’âme ». On voit bien qu’on a un mot qui décrit une connexion profonde avec une part de nous-même. Pourquoi l’avoir appelé ainsi ?

Parce que je pense que c’est le défi de notre vie : s’accorder à la vibration de notre âme. Cela devient donc une audace. Parce que pour cela, il faut se départir de ce que l’on a appris comme vérité absolue. Cela peut-être des croyances religieuses ou des règles qu’on a pris de nos parents, de la société… Parfois on voit des gens faire des choses un peu bizarres ! Mais elles sont tellement vivantes ces personnes : elles ont eu une audace à un moment-donné. Elles ont fait comme elles avaient envie de faire. Elles vivent comme elles ont envie de vivre… et elles ont l’air tellement heureuses de vibrer tellement fort, comme ça ! C’est pour cela que je l’ai appelé « L’audace de l’âme ».

« Je pense que le défi de notre vie est de s’accorder à la vibration de notre âme. Cela devient donc une audace. »

Si tu devais définir l’âme, comment la décrirais-tu ?

Comme une vibration suprême, essentielle. Comme si on jetait dans l’Univers avec notre naissance, quelque chose relevant d’une note spécifique. Un parfum… unique. L’âme traverse une existence à travers une incarnation. Et au départ, on a tous une note qui nous est donnée : à partir de cette note, nous avons quelque chose à créer. Nous habitons un corps qui soutient cela. La Gelstalt est intéressante de ce point de vue-là, car elle nous amène à faire état de ce ressenti corporel. Ce dernier peut indiquer si on est en accord avec l’âme ou pas. Si on est tendu en disant quelque chose qui à priori nous définit à un moment précis, c’est différent que si nous sommes détendus et que l’on respire bien. Si c’est en accord avec l’âme, cela respire, c’est fluide. Si on est plein de tensions et que cela est dit avec un sourire figé, on a plus de chance d’être loin de ce que l’âme souhaite. Le corps est donc un instrument formidable pour voir si on est bien en phase.

« L’âme est une vibration suprême, essentielle. Comme si on jetait dans l’Univers avec notre naissance, quelque chose relevant d’une note spécifique. Un parfum… unique. L’âme traverse une existence à travers une incarnation. Et au départ, on a tous une note qui nous est donnée : à partir de cette note, nous avons quelque chose à créer. »

 

Tu me parles du corps et de l’âme : est-ce que pour toi, c’est un état d’alignement à trouver ?

Oui, je pense que c’est un accord à trouver avec une troisième note : le cœur. Ce qui sous-tend cela c’est cet organe que nous avons, qui nous accompagne toute la vie et qui lui aussi est dans une vibration. Le challenge de la vie c’est de trouver un accord avec soi-même, d’être bien avec soi-même. Donc, de s’aimer. Si cette fonction d’amour de soi est bien remplie, on va pouvoir vivre heureux parmi les autres et leur donner de l’amour. Un amour sain.

 

« Le challenge de la vie c’est de trouver un accord avec soi-même, d’être bien avec soi-même. Donc, de s’aimer. Si cette fonction d’amour de soi est bien remplie, on va pouvoir vivre heureux parmi les autres et leur donner de l’amour. Un amour sain. »

 

Quel conseil donnerais-tu aux personnes qui te regardent pour arpenter le chemin jusqu’à l’âme ?

Si les canaux sont « bouchés » – à cause d’un accident, d’une maladie- il est nécessaire après un gros choc de se faire accompagner pour trouver comment ouvrir les petites fenêtres qui donnent accès à cette vibration. Sinon, on peut trouver des indicateurs très facilement en s’intériorisant, en pensant à un événement, une situation et en regardant comment le corps réagit à cela. Si cela respire, le corps va se dire que c’est une situation qui « est ok » pour toi. Si ça crispe, c’est le contraire. Mais je crois surtout que chacun a sa petite recette à trouver pour s’informer de son propre alignement. Car il y a toujours des indices. Personnellement, cela me fait quelque chose de particulier dans la nuque quand c’est bon pour moi : cela frétille comme cela chez moi ! Après, il peut y avoir des outils comme un oracle, mais il y en a plein d’autres : certains utilisent des bols tibétains, des tambours. L’important c’est de trouver le chemin pour aller dans un endroit moins mentalisé, plus du côté du ressenti. Ce qui vibre. Mais sans la pensée.

On n’a pas de chance en France, car c’est un pays qui est très reconnu pour les Universités, le savoir, la philosophie, etc… Le diplôme reste par exemple quelque chose de très important. Mais, il faudrait des diplômes du corps ! Il faudrait que les enfants quand ils jouent et sont dans leur dimension corporel soient reconnus pour cela aussi.

Tu parles d’événements qui peuvent-être à la base du cheminement vers l’âme. Est-ce que cela a été ton cas ?

Il y a deux choses qui me sont apparues :

  • En entreprise, j’entendais des beaux discours et j’avais un ressenti qui était dissonant avec ce qui se disait par rapport à des projets de développement d’entreprise qui dans le discours visait au bien-être au travail… Mais qui avait quelque chose de dissonant pour moi. Cela ne semblait pas répondre correctement dans mon corps. Je n’étais pas en phase.
  • Mon dos était coincé très souvent. Au début, j’ai mis cela sur le compte des déplacements, mais je me suis rendue compte que cela ne venait pas que de cela. Il ne voulait pas y aller, lui !

Depuis que je travaille avec cet oracle, j’ai la chance de travailler avec des personnes en entreprise pour des formations ou des séminaires. Ces personnes ont des contraintes dues à l’entreprise, mais elles ont envie d’y être le plus vivantes possible ! Elles cherchent des clefs pour être là, corps et âme. Pour leur bien-être certes, mais aussi celui d’être bien avec leurs collègues, dans leur travail. Pour apporter au monde ce qu’elles peuvent apporter de mieux. Tant mieux, si cela peut se faire au sein d’un système salarié. Cela est en train d’arriver.

 

Dans l’entreprise – par rapport à il y a une quinzaine d’années, quand j’y étais- les choses sont en train de bouger. Il va y avoir de plus en plus une cohérence possible entre les personnes parce qu’on leur propose de se développer dans ce qu’elles sont. Dans toutes leurs dimensions.

Il n’y a pas que « l’entreprise qui abuse » ! Il y a un changement positif qui est en train d’arriver.

Je trouve très encourageant de voir des personnes comme toi, qui a produit un oracle sur l’âme – car ce n’est pas un mot qui est forcément facile à employer- qui fasse des ateliers en entreprise. Il y a cette dimension qui commence à arriver et à rentrer dans l’entreprise, et cela est très positif, effectivement !

Oui, il y a des prises de conscience et des managers qui cherchent. Quand le jeu a commencé à se diffuser, j’étais très surprise de voir qu’autant de coachs s’en emparaient pour s’en servir dans leur accompagnement en entreprise. C’est là que m’est venue l’idée de proposer mes services en entreprise. Et cela répond. Donc, je me dis que le monde de l’entreprise bouge ! Et je suis ravie d’y revenir en cohérence maintenant, alors qu’avant je me sentais un peu coupée en deux.

Effectivement, il y a peut-être ici une sorte de réparation. Tu parlais tout à l’heure du fait que ton dos avait souffert pendant cette période où tu travaillais en entreprise. On peut difficilement ne pas faire le lien entre le dos et la colonne, qui est le pilier du corps. Ce qui tient le corps. Donc, c’est une belle réparation qui se fait par ton âme.

Pour rester sur l’Audace de l’âme, comment peut-on utiliser ce jeu dans notre quotidien ?

Je l’utilise comme outil de connaissance de moi-même, dans l’instant présent. C’est très simple : ça peut être la petite carte du matin que l’on tire avant de sortir de chez soi et de laquelle on s’imprègne. Avec mon portable, cela m’arrive de faire une photo pour pouvoir la regarder dans la journée et me reconnecter à cette carte que j’ai tirée. Il y a un texte qui l’accompagne, qui peut donner un message particulier.  Cela peut aussi être utilisé en faisant un tirage avec plusieurs cartes : pour répondre à une question précise sur la famille/le couple, l’argent ou les amis. Je suis encore plus touchée personnellement quand je l’utilise avant de m’endormir le soir. J’adore ça ! Parce que je trouve qu’il a quelque chose de très onirique : donc je regarde la carte, et je me laisse partir dans la nuit. J’ai cette conviction que cela travaille pour soi. Que cela soigne en faisant son chemin sans rien contrôler. C’est également une façon de faire qui peut être intéressante.

Tu proposes le vendredi des méditations autour de ce jeu. Est-ce que tu peux nous en parler ?

C’est inspiré des méditations que je fais déjà avec ma patientèle. Au début de l’année, je me suis dit que ce serait intéressant de proposer une méditation sur la paix intérieure pour bien commencer l’année, en tirant une carte pour voir le défi de l’année à relever, vu que l’âme sait le programme à l’avance ! Car elle, elle est très au fait de notre futur. Et le but également, c’est que les personnes puissent échanger sur ce thème-là. Après, c’est quelque chose que l’on peut faire mensuellement. Ce qui est intéressant, c’est le partage. Le fait d’être en groupe énergétiquement, apporte autre chose : on va s’apporter mutuellement par rapport à ce que l’on ressent dans l’instant. Même quand on se sépare, on continue à être en lien par rapport à ce qui a été vécu. C’est un soutien subtil, mais qui permet à chacun de se sentir entouré dans une micro société. C’est vraiment porteur, car les personnes se sentent accompagnées. Le travail de groupe accompagne la personne encore de manière forte, parce que l’on est ensemble. On partage ce moment.

Et on retrouve ce sur quoi tu témoignais au départ de cet entretien sur l’importance de ce fameux lien pour toi…

Oui, car je pense que l’on a été conçu, nous les humains, pour faire ensemble. C’est important de vivre ce lien du mieux possible ou de tout faire pour, en tout cas.

Quel est ton actualité ? Y’a-t-il des nouveautés dans ton activité dont tu voudrais nous faire part ?

Oui, il y a des projets de stage pour retrouver l’audace en soi de se reconnecter à son âme. Et des projets d’écrits. Car c’est tellement passionnant de proposer à qui le souhaite de se reconnecter à ce précieux, à cette essence ! Cela m’habite, m’occupe et j’ai envie de continuer à donner dans ce sens. Et puis, il y a des échanges avec des thérapeutes qui me demandent un temps pour savoir comment se servir de mon jeu.  Mais pas que ! On réfléchit ensemble sur tous ces sujets autour de l’âme. Et le monde ne pourra qu’en bénéficier !

Un petit mot de la fin Sabine ?

N’ayez pas peur de rayonner qui vous êtes profondément ! Le monde vous attend.

 

Retrouvez Sabine Bazillio sur son site internet: http://sabine.bazillio.com/