« Quand on écoute son âme, on revient à soi, et on se rend compte finalement qu’il y a un autre chemin devant nous qui est pour nous. […] C’est l’aventure, la découverte. […] C’est un retour à ce que j’aurai toujours dû être. Et encore plus profond : c’est une reconnexion à ce que je suis véritablement au-delà de tout ! »  – Caroline Frisou

 

Caroline Frisou nous parle d’une métamorphose. Travaillant d’arrache pieds dans la fonction publique, elle sent petit à petit que ce quotidien répétitif perd son sens, la menant loin d’elle. Epuisée et perdue, elle fait un burn-out. Une synchronicité vient pourtant bouleverser sa vie, et la pousse à une réflexion qui sera le terreau d’une grande introspection et d’une reconnexion profonde avec son âme. De ce processus où elle renaît petit à petit à elle, émerge un écrit : « Les 4 sagesses indiennes » qui sort le 26 février prochain. A la jonction entre développement personnel et spiritualité, nouveau dans le ton et dans le genre, son ouvrage est une invitation à s’interroger et à plonger au cœur de soi. Dans cet entretien pour lalter-native, elle nous livre les étapes du cheminement qu’elle a elle-même opéré avant de le transmettre aux autres.

 

Caroline Frisou Bonjour !

Bienvenue pour cette interview pour lalter-native.fr, et merci d’être là !

Tu as de nombreuses casquettes : tu es cadre dans la fonction publique, coach, formatrice dans une école, tu écris dans des magazines et es maintenant écrivain, avec la sortie prochaine de ton premier livre « Les 4 sagesses indiennes », qui sort le 26 février. Est-ce que tu peux nous expliquer ton parcours ?

Mon parcours n’est pas linéaire. Il est très atypique. Comme beaucoup de personnes, j’ai suivi des études. En droit. J’avais une voie toute tracée qui était la fonction publique, puisque mes parents étaient fonctionnaires également. Donc, j’ai fait ce choix. J’aimais cette idée de servir et d’assister des personnes de manière désintéressée. J’ai eu différents postes dans la fonction publique territoriale et dans la fonction publique d’Etat. J’étais dans des services politiques, puis j’ai évolué dans l’architecture. J’ai finalement choisi l’enseignement supérieur, en tant que responsable juridique. Cela m’a permis d’expérimenter beaucoup de choses différentes.

Il y a trois ans j’ai monté ma propre entreprise dans le développement personnel et professionnel. Cela m’a amené à former ensuite des jeunes en lycée et à l’université. Comme j’étais également passionnée par l’écriture depuis l’enfance, j’ai intégré différents magazines.

Comment s’est passée la transition ?

Il y a eu une envie plus profonde il y a environ 3 ans, de pouvoir accompagner les autres d’une autre manière. J’avais un goût d’inachevé dans la fonction publique : j’avais la sensation de me détacher du public. J’avais besoin concrètement de voir le résultat, pouvoir être dans l’action, et dans un accompagnement réel. Le métier de coach m’est apparu comme une évidence. J’ai fait des formations, mais je pense également que c’est un métier que l’on a en soi. Ce n’est pas que des diplômes. C’est quelque chose que l’on a expérimenté. Mon parcours fait que j’ai été confrontée à certaines situations notamment au niveau de la santé. J’ai été paralysée pendant un an et demi. Le fait de devoir expérimenter de réapprendre à marcher seule, accompagnée par un kiné, est quelque chose qui m’a apporté beaucoup de force intérieure. Je l’ai modélisé, et c’est ce qui me permet d’accompagner les autres de manière pérenne. La formation, c’est aussi la modélisation de ce que j’ai pu apprendre au travers des accompagnements que j’ai fait, et l’écriture, c’est un moyen de les communiquer. Donc, tout est lié.

Dans les 4 sagesses indiennes, tu parles de cette quête intérieure. Tu décris comment tu as toi-même d’abord expérimenté ces 4 sagesses que tu transmets maintenant aux autres à travers cet ouvrage. Quel a été l’événement dans ta vie qui t’a poussé à t’y intéresser ?

Au fur et à mesure, j’avais vraiment l’impression de me déshumaniser au niveau de mon travail. J’ai eu cette impression de « robotisation », de devenir une sorte de boîte mail. Je ne trouvais plus de sens à mon action. Cette perte de sens que j’ai eu dans ma vie, avec des jours qui se répétaient, où j’avais l’impression de ne pas faire ce que je devais faire dans cette vie-là, m’a fait complètement perdre mes repères. J’ai fait un burn-out au printemps 2018. J’ai eu cette rencontre avec différents signes qui m’ont amené vers ces sagesses-là. D’abord par une rencontre fortuite avec un marque page où il était inscrit un texte que je ne pouvais pas comprendre, car il n’était pas dans notre langue. J’ai eu la chance d’avoir dans mon entourage des personnes en mesure de pouvoir m’expliquer ce que c’était, notamment Julie et Rhami. Ces deux personnes m’ont permis de comprendre ce qui se cachait derrière ces hiéroglyphes. Ils m’ont expliqué ce qu’était ces 4 sagesses indiennes qui sont transmises oralement dès l’enfance en Inde. C’est quelque chose qui fait partie intégrante de la culture. A partir de là, j’ai eu des réflexions que j’ai commencé à écrire sur des bouts de papier. Je suis surtout allée au fond de moi-même. J’avais ce besoin de m’écouter, d’aller entendre ce qu’il y avait à l’intérieur de mon cœur, de mon âme. De ce qu’il y a au-delà de cette enveloppe corporel et de ce cerveau. Ce plongeon c’était la seule chose qui pouvait se passer, car j’en étais arrivée à un point où c’était une déconnexion totale vis-à-vis de ce qu’il y avait. Car il y avait simplement une énorme souffrance. Le fait de se poser des questions, d’aller dans cette réflexion-là, de rencontrer des gens qui illustraient ces sagesses-là, cela m’a fait remonter petit à petit les marches vers le mieux-être, vers cette paix intérieure. J’ai donc trouvé intéressant de partager ma modeste expérience avec les autres.

Je crois que ce plongeon a aussi été favorisé par un retour à tes racines natales, à Pau…

Oui. J’ai toujours eu un réflexe dans certains moments de vie d’avoir un retour aux sources, aux racines. Ce burn-out a coïncidé avec une fête familiale, Pâques. Je suis donc revenue chez mes parents, dans la maison où j’ai habité pendant plus de 20 ans, je suis retournée dans ces rues que je foulais depuis que j’étais enfant, j’ai reconnecté à des amis qui font partie de ma famille et avec la beauté du site. Tout cela a eu un écho intérieur très fort : les personnes qui m’aidaient à comprendre ces sagesses actaient mon parcours et tout a été lié. Je trouve que c’est très important de ne jamais perdre de vue d’où l’on vient : c’est quelque chose qui peut faciliter le plongeon, la reconnexion à soi, l’écoute de son âme.

« J’avais ce besoin de m’écouter, d’aller entendre ce qu’il y avait à l’intérieur de mon cœur, de mon âme. De ce qu’il y a au-delà de cette enveloppe corporel et de ce cerveau. Ce plongeon était la seule chose qui pouvait se passer. »

Est-ce que tu dirais que cela ressemble à une renaissance ?

C’était une deuxième naissance, effectivement car j’ai compris ce que je devais entreprendre aujourd’hui dans ma vie. Cela n’a pas été facile. Il y a toujours des désirs que l’on projette sur nous, le regard de l’autre qui est présent dans la vie, mais quand on plonge, on a un besoin de vérité, de pureté et de transparence. Quand on ressort de ce plongeon, on est différent : quand on s’écoute profondément on comprend parfois que la voie que l’on entreprend n’est pas forcément celle qui est faite pour nous. A un moment-donné, on mute. Dans l’introduction de mon livre, je dis que mon âme a mué. Et c’est tout à fait ce qu’il s’est passé. On est en perpétuelle évolution. Quand on écoute son âme, on revient à soi, et on se rend compte finalement qu’il y a un autre chemin devant nous qui est pour nous. J’ai personnellement décidé d’arpenter ce chemin-là qui n’est pas aussi prévisible que le premier que j’avais pris. C’est l’aventure, la découverte. Mais je sais que c’est celui qui est juste aujourd’hui. En ce sens c’est une nouvelle naissance. C’est un retour à ce que j’aurai toujours dû être. Et encore plus profond : c’est une reconnexion à ce que je suis véritablement au-delà de tout : cette modélisation que l’on a eu dans la tête, des idées qu’on nous y met… Oui, c’est véritablement une seconde naissance.

Qu’est-ce que nous apportent concrètement ces 4 sagesses indiennes ?

Ce sont 4 proverbes qui évoquent à la fois les relations avec les autres, les événements que l’on rencontre dans la vie, et le rapport que l’on entretient avec l’espace temporel (le futur ou le passé). Le présent également, car nous sommes souvent dans des projections, et cela nous rappelle notre capacité à pouvoir nous y ancrer. « Quiconque que vous rencontrez est la bonne personne » : c’est le premier proverbe. Cela veut dire que chaque personne a quelque chose à nous apprendre. Le deuxième, c’est « peu importe ce qui arrive dans votre vie, c’est la seule chose qui pouvait arriver. », cela nous parle davantage des événements. Le suivant rappelle le fait qu’il n’y a jamais de retard, ni quelque chose qui est trop avancé : « Chaque moment est le bon moment ». L’âme est prête à vivre l’événement. Le quatrième dit « Quand cela est terminé, cela est terminé ». Il apporte un éclairage sur comment survivre à certains événements, et comment considérer notre état actuel vis-à-vis de ces événements pour mieux les guérir.

« Quand on écoute son âme, on revient à soi, et on se rend compte finalement qu’il y a un autre chemin devant nous qui est pour nous. J’ai personnellement décidé d’arpenter ce chemin-là qui n’est pas aussi prévisible que le premier que j’avais pris. C’est l’aventure, la découverte. Mais je sais que c’est celui qui est juste aujourd’hui. »

Ce que quoi j’ai vraiment envie d’insister, c’est dire ce que n’est pas les 4 sagesses : ce n’est pas un reconditionnement. Ces proverbes ne sont pas des reconditionnements mentaux. C’est simplement une réflexion qui est posée. Chacun prendra ce qui résonne en lui. On vous propose simplement de réfléchir à ces sujets avec votre cœur et ce qui fait écho en vous. C’est cheminer : cela propose un voyage intérieur avec ces proverbes. Ce n’est pas me conditionner à partir d’aujourd’hui, en considérant que telle chose est comme-ci ou comme-cela. Ce n’est pas du tout cela ! Ce n’est pas vous dénaturer, au contraire ! Ecoutez-vous. Il y a différentes perceptions de la vie. Voilà comment les sagesses Indiennes perçoivent les gens, les événements, le rapport avec le temps. Prenez ce que vous avez à prendre et écoutez comment votre âme rentre en résonnance avec. Peut-être que vous serez d’accord avec, ou qu’à certains moment, cela ne vous parlera pas. En accord avec vous et votre authenticité, l’important est de savoir si vous partagez ces sagesses-là.

Ce que j’ai voulu, c’est créer quelque chose de très concret en fin de chapitre pour aider les lecteurs qui le souhaitent, d’accéder à la paix intérieure, à travers des rituels de sagesse. Ces rituels portent sur 4 éléments :

  • L’Ancrage : la nécessité de se connecter au moment présent
  • La gratitude : être en mesure d’être reconnaissant vis-à-vis des choses que l’on vit et des personnes qui sont dans notre entourage.
  • Le détachement : vis-à-vis notamment d’événements difficiles que peut-être vous n’êtes pas parvenus à transcender.
  • L’acceptation : pas une acceptation purement mentale, mais l’acceptation pour l’âme

Je propose des rituels, mais je ne les impose pas. Cela invite aussi le lecteur à créer lui-même ses propres rituels, en résonance avec lui. N’appliquez pas bêtement. Allez chercher à l’intérieur de vous ! J’explique et propose simplement certains actes symboliques que j’expérimente encore aujourd’hui et que j’ai pu faire dans mon passé. Peut-être que cela va créer des choses chez vous où vous allez vous dire « Tiens, cela, moi, je le vois plus de cette manière-là ! ».

Ce que j’ai beaucoup apprécié dans ton livre, c’est d’avoir l’impression de naviguer à la frontière très mince entre la spiritualité et le développement personnel. On a tendance à trouver des ouvrages purement spirituels ou à l’inverse purement issu du développement personnel. Mais à l’intérieur de ton écrit, les deux sont liés…

Oui, exactement. Justement, quand les libraires me demandent où ils doivent classer ce livre, je leur indique plutôt la catégorie « développement personnel », mais en réalité, c’est un livre qui est à la jonction entre les deux. Ce que j’ai tendance à reprocher au développement personnel « pur et dur » c’est qu’il a ses limites. Pourquoi ? Parce qu’il va davantage considérer le cerveau, la reprogrammation au niveau mental, les neuro-sciences, etc… C’est une part importante et intéressante à découvrir et il n’y a pas tout à jeter ! Loin de là. Mais au bout d’un moment, on peut arriver « en bout de course » sans avoir réglé les problèmes. Parce qu’il y a des blessures d’âme. Elles sont plus émotionnelles, mais cela va encore plus loin que les émotions. Il y a quelque chose qui s’attaque à votre essence, votre signature personnelle invisible, et c’est cela qui m’importe aujourd’hui. La spiritualité ce n’est pas que pratiquer une religion. Ce n’est pas forcément d’ailleurs pratiquer une religion non plus. C’est simplement être à l’écoute de son intériorité, de son unicité. Ne pas être qu’à l’écoute d’une partie de soi, mais de l’ensemble de soi. C’est reconnaître son intuition, son cœur, tous nos sens qui nous donnent des éléments, des synchronicités que vous avez dans la vie, des signes. Et ne pas considérer que ce ne sont uniquement que des coïncidences. Je ne crois pas que l’on change de vie en ayant simplement une réflexion intellectuelle ni en se conditionnant sur des choses auxquelles on ne croit pas. Je ne crois pas qu’il y a de recette miracle. C’est pour cela que le développement personnel à un moment-donné m’a posé un souci. J’ai donc décidé d’inclure également au quotidien l’écoute de soi, de l’intérieur. A partir de cet endroit, je pense que l’on peut changer de vie, quand on s’écoute vraiment. Et ce n’est pas si simple. Cela peut paraître simple, mais ça ne l’est pas.

Est-ce que cette spiritualité peut-être incarnée dans la vie quotidienne ?

Bien sûr. C’est quelque chose qui s’incarne dans la vie quotidienne en étant conscient, en n’étant pas un robot. C’est également cela qui m’a poussé à écrire ce livre. J’ai fait un burn-out. Que se passe-t-il dans un burn-out ? On se sent devenir un robot, on devient complètement déshumanisé, et nos actions n’ont plus aucun sens. Pour moi la spiritualité c’est être et reconnaître son être. C’est quelque chose qui est pleinement incarné et que vous allez vraiment incarner vis-à-vis de vous-même et des autres, des comportements, des actions et des choix que vous allez avoir. Cela peut s’étendre à des choses de la vie quotidienne : quand vous rangez votre intérieur, c’est aussi choisir en conscience ce qui est le plus beau pour vous, le plus inspirant, ce qui vous fait plaisir, etc… C’est finalement quelque chose qui s’incarne de manière très concrète. Ce n’est pas être perché ou retiré dans un monastère au fin fond de la Corrèze sans aucun contact avec l’extérieur. Il n’y a pas de rôle à jouer : c’est simplement « écoutez-vous et ayez une vie inspirée par qui vous êtes ! ».

Dans ton livre, tu parles beaucoup de l’âme. Comment la définirais-tu ?

Pour moi c’est ce qui s’incarne dans un corps physique. C’est l’invisible. Et c’est ce qui fait la résonance et la signature d’un individu. On l’oublie trop souvent car notre vie est souvent trop conditionnée par le cerveau. L’âme, c’est ce supplément qui fait que la vie que l’on va mener va être juste vis-à-vis de notre identité profonde. Elle ne se voit pas, mais elle est toujours palpable. Elle est toujours là si on accepte de s’y reconnecter. Ce qui se passe quand on écoute son âme, c’est que la lumière va jaillir et va être beaucoup plus importante vis-à-vis de l’extérieur. Donc, l’âme peut se voir quand vous rayonnez.

 

« [La spiritualité] est quelque chose qui s’incarne de manière très concrète. Ce n’est pas être perché ou retiré dans un monastère au fin fond de la Corrèze sans aucun contact avec l’extérieur. Il n’y a pas de rôle à jouer : c’est simplement « écoutez-vous et ayez une vie inspirée par qui vous êtes ! ». »

Tu parles d’une co-création entre ces pas que l’on fait pour accéder à ce que l’on souhaite, et en même temps tu évoques la manière dont on accueille les événements que la vie nous présente…

Oui. Pour moi, il y a trois grandes conceptions :

Il y a des personnes qui pensent que l’on est maitre de tout, on est maître à bord de A à Z. D’autres croient que c’est Dieu/Une entité supérieure/La Source qui décide de tout. Dans l’une comme dans l’autre conception, je ne me suis jamais pleinement retrouvée. Pour moi, c’est quelque chose que vous, vous allez impulser, et en même temps le ciel va aligner des choses sur votre chemin.  Je crois fondamentalement que la vie que vous allez avoir, dépend des choses que vous allez initier dans la matière pour que les choses bougent ! Si je n’avais pas écrit ce livre par exemple, ce livre ne serait pas paru. C’est un exemple concret. Cela ne serait pas venu sur un plateau d’argent sans que je n’aie agis. Et en même temps, le fait d’écrire ne suffit pas. Il y a aussi le bon moment, le bon éditeur qui soit réceptif, le fait de signer avec quelqu’un avec qui cela s’accorde : tout cela est à mon sens facilité par votre destin, votre karma. C’est-à-dire que vous vous engendrez des choses, mais certains événements sont indépendants de votre volonté. Donc, c’est aussi important d’être humble vis-à-vis de la vie car on ne peut pas tout maîtriser. Par contre, vous avez le choix de la réponse systématique que vous allez apporter aux événements. Quand ce n’est pas sous votre contrôle – si quelqu’un de votre famille tombe malade par exemple, ce n’est pas de votre fait- vous avez le choix de la réponse que vous allez apporter face à cela. Comment je vais réagir ? Que vais-je impulser concrètement dans la matière ? Quel discours vais-je avoir ? Comment vais-je faciliter la vie à cette personne ? Qu’est-ce que je vais faire pour elle ? Même quand la vie vous mets des choses sur votre chemin, vous avez aussi le choix de la réponse. C’est une co-création : vous écrivez un livre, vous avez une plume, et l’entité supérieure en a une aussi. Vous co-créer une histoire qui est votre histoire.

 

On retrouve en fil rouge le thème de l’instant présent à l’intérieur de ton livre. Tu dis que s’y attacher permet de pleinement investir sa vie. Est-ce que tu peux nous en parler ?

Il y a beaucoup d’articles et de livres qui existent déjà sur l’instant présent. On a tous l’impression de le connaître. On se dit que c’est facile. Mais en réalité, si on prend le temps de réellement se poser : par exemple quand les gens s’essaient à la méditation, on entend souvent dire : « C’est compliqué ‘ton truc là’, parce que, dès que je me pose ne serait-ce que 30 secondes, je réfléchis à la liste des courses que je dois faire, au dîner que je dois préparer, à la sortie scolaire pour les enfants… Cela montre que nous connaissons tous l’instant présent en théorie, mais, en réalité ce n’est pas si facile. On a des divagations : le cerveau va dans le futur ou dans le passé, dans des regrets, des choses que l’on n’a pas faites… C’est important d’accueillir ces choses-là quand elles arrivent – cela ne sert à rien de les rejeter – mais si on a envie complètement d’investir sa vie, de ne pas se laisser complètement parasiter par ces divagations. Si tu regrettes par exemple de ne pas avoir parlé à une personne croisée dans une soirée : ok, tu le regrettes. Mais maintenant, tu peux faire quoi ? Dans le concret, qu’est-ce-que tu as envie d’investir aujourd’hui ? Idem par rapport au futur : « j’ai très peur, j’ai telle réunion, je pense que ça ne va pas très bien se passer… ». Ok, mais dans le présent pour t’aider à t’y préparer, qu’est-ce que tu peux faire ? Quand quelque chose nous traverse, il ne faut pas l’ignorer, mais, se dire : « Maintenant, qu’est-ce-que je peux faire de concret au lieu de ruminer et de me stresser énergétiquement, physiquement et émotionnellement ? ».

 

Tu mets en lien ce présent avec les projections futures que l’on peut faire. Tu expliques que trop projeter, c’est aussi manquer de jolis moments dans son présent et passer à côté…

Quand on réfléchit aux comportements que l’on peut avoir, on peut avoir tendance à se faire des films, et on en oublie ce que l’on peut vivre concrètement ici et maintenant. Par exemple, je fantasme sur les jolies vacances que j’ai envie d’avoir au mois d’août, parce que je trouve que mon présent est nul. En fait, quand vous êtes dans ce type de projections-là, vous en oubliez votre compagnon qui a pu mettre une belle table ou vous préparer le repas, votre enfant qui vous a fait un joli dessin, etc… On risque de ne pas voir ce qui est joli autour de nous, maintenant ! Parce que certainement que votre voyage sera formidable quand vous allez le faire au mois d’août. Mais maintenant, qu’est ce qui est bien pour moi ? Qu’est ce qui m’apporte du bonheur, de la joie à l’instant présent ? Quand on est dans des divagations systématiques, on loupe sa vie. La vie ne vous attend pas. Le présent, il est là, il n’est plus. C’est effrayant de se dire que l’on peut passer à côté de sa vie en étant uniquement en train de penser à l’après. Je serai heureux quand j’aurai fait cela, quand je serai à la retraite, quand j’aurai fait tel voyage… Je ne peux pas voyager car j’ai un crédit sur le dos, donc, je le ferai à 60 ans. Ben c’est dommage ! Car vous ne savez pas si vous arriverez à la retraite, si vous ferai telle chose ou telle autre. La seule réalité c’est : qu’est-ce que vous faîtes maintenant ? Qu’est-ce que vous avez envie d’impulser et de vivre ? Autour de vous, il y a des choses qui valent le coup, qui valent la peine. Elles sont là. Soyez en gratitude par rapport à cela. Ne perdez pas de vue ce qu’il se passe.

« La seule réalité c’est : qu’est-ce que vous faîtes maintenant ? Qu’est-ce que vous avez envie d’impulser et de vivre ? Autour de vous, il y a des choses qui valent le coup, qui valent la peine. Elles sont là. Soyez en gratitude par rapport à cela. Ne perdez pas de vue ce qu’il se passe. »

Il y a beaucoup de thèmes abordés dans ton ouvrage, mais ils sont tous liés…

Oui. L’instant présent va aussi avec la gratitude par exemple : le fait d’être pleinement connecté à l’instant présent va nous ouvrir le cœur à « Qu’est-ce que je peux remercier ? », « Qui je peux remercier ? », « Pourquoi j’aime ma vie maintenant ? »,  « Qu’est-ce que je pourrai faire pour qu’elle est encore plus de sens pour moi ? ». De même, l’instant présent peut faire comprendre qu’il y a encore quelques blessures qui sont là, ce qui vous empêche peut-être d’avancer et de travailler sur le détachement et l’acceptation. En réalité, tout est lié. Le fil rouge, c’est trouver sa paix intérieure en s’écoutant, en réalisant, en s’investissant, et en écoutant l’âme. En tendant l’oreille vers l’intérieur et pas à l’extérieur.

En quoi selon toi est-ce important de revenir à soi ? Car on vit dans une société qui nous pousse à sortir constamment de nous-même, à s’intéresser constamment à ce qui est à l’extérieur…

C’est important car depuis l’enfance, on projette des choses sur nous. On vit au sein de différents groupes sociaux, d’une famille, d’une école, de groupes… Au sein de ces différents groupes, il y a des codes. On vous fait parfois comprendre très subtilement qu’il est bien de suivre cette voie-là parce que c’est soit disant la seule acceptable, valorisable, ou qui te mènera à quelque chose. On engrange tellement de choses et de croyances. En réalité, on ne se demande jamais si l’on est réellement en accord avec ces croyances. Est-ce que l’on a vraiment envie de faire tel métier, d’avoir une famille ou un enfant ? Régulièrement, quand je demande aux personnes : « Pourquoi avez-vous fait tel choix ? Qu’est-ce qui a fait que… ? », elles me répondent quelque chose qui ressemble à « Parce que c’est comme cela/ c’est la norme… ». Est-ce que cela était une envie profonde ? Pas forcément. Le problème c’est que si on ne revient jamais à l’intérieur et que l’on n’écoute pas l’intérieur de soi, on vit la vie des autres. Celle qui est « imposée ». On vit la vie à soi qui n’est pas soi. A la fin de notre vie, on ne se dit pas forcément que l’on a loupé notre vie, mais qu’en réalité, on ne l’a jamais vraiment investi. On n’a jamais fait ce qui nous faisait vibrer de l’intérieur. C’est pour cela qu’il est important de se réserver des moments, et même de chercher à être connecté systématiquement à vous-même. Quand vous prenez des décisions, que vous faites des choix, demandez à l’intérieur si cela est juste. « Qu’est-ce-que je ressens quand je pense à cette éventualité ? ». Pensez vraiment à l’intérieur : que ce passe-t-il au niveau de mes manifestations physique quand je pense à cette idée ? Est-ce qu’il y a quelque chose qui dit « oui » ? – qui n’est pas forcément palpable, mais que vous ressentez. C’est agir systématiquement comme cela pour vraiment véritablement vivre la vie que vous avez envie de vivre.

« Pensez vraiment à l’intérieur : que ce passe-t-il au niveau de mes manifestations physiques quand je pense à cette idée ? Est-ce qu’il y a quelque chose qui dit « oui » ? – qui n’est pas forcément palpable, mais que vous ressentez. C’est agir systématiquement comme cela pour vraiment véritablement vivre la vie que vous avez envie de vivre. »

Tu as donc expérimenté ces 4 sagesses indiennes. Ce livre est-il le moyen pour toi de les transmettre et de les amener plus loin dans le monde ?

Les avoir expérimentées me permet de voir à quel point elles ont été capables de transformer ma vie, en me permettant d’accéder à mon « moi intérieur » et à mon chemin de vie. Le fait de transmettre a toujours été dans ma nature. C’est quelque chose que j’aime. Bien sûr : j’ai envie que les gens puissent les découvrir, se les approprier. Réaliser aussi peut-être les rituels pour comprendre qu’ils ont leur empreinte personnelle à mettre dans la matière. Se rendre compte qu’ils peuvent résoudre les problèmes grâce à des choses très concrètes : c’est-à-dire prendre la sagesse spirituelle de ces sagesses et la mettre dans la matière pour pouvoir résoudre des problèmes comme le détachement, l’acceptation, la gratitude, s’ancrer dans le moment présent. Faire vivre ses sagesses, et peut-être que les lecteurs en deviennent eux-mêmes les messagers, au sein de leur propre famille.

J’ai vraiment envie que les personnes les découvre. Pour cela, je projette de faire des ateliers en ligne parce que j’ai envie de transmettre aux personnes de manière très directe, à partir de la seconde partie de l’année 2019. J’ai également envie de faire des conférences. Aider les personnes à créer leurs propres rituels aussi. Et puis, les personnes ensuite, se chargeront peut-être elles-mêmes, si cela les a touchées d’en parler aux autres, de les faire découvrir à d’autres personnes. Je pense que c’est une chaîne qui va peut-être s’impulser d’elle-même, de la manière la plus naturelle qu’il soit.

Quels sont tes projets au cours des prochains mois/années ?

Pour 2019, j’ai vraiment ancré l’intention d’aller rencontrer les lecteurs. Il faut savoir pour ceux qui nous écoutent s’ils sont originaires de Belgique ou de Suisse que le livre va aussi sortir dans vos pays. J’ai vraiment envie d’aller rencontrer les lecteurs, d’échanger avec eux, peut-être aider également. J’ai très envie aussi de me déplacer dans certains endroits : des EPHAD, les prisons, dans les hôpitaux… J’ai vraiment envie de faire vivre ces sagesses et de rencontrer. Cela est très important pour moi.

A partir de fin d’année 2019, j’ai deux projets d’écriture en cours : un premier dédié davantage à une expérience de vie personnelle lié à la résilience – un témoignage de vie-, et le second qui sera le reflet d’une grande aventure que je vais vivre en 2020, puisque je pars pour 8 mois de tour d’Europe en caravane avec d’autres personnes. J’ai très envie de partager cette expérience humaine et de reconnexion au monde à travers un autre ouvrage.

Un petit mot de la fin ?

Je voulais te remercier Aurore, et vous remercier de m’avoir écoutée. Ce que j’ai envie de dire aux personnes c’est : n’hésitez pas et plongez en vous-même ! Le plus tôt sera le mieux. C’est le seul moyen de vous incarner dans la matière : partir de votre âme pour guider votre action. C’est aussi se confronter le plus rapidement possible à sa vérité et de faire ! Parce qu’on ne sait jamais de quoi demain est fait. Par contre, le présent nous appartient.

Retrouvez Caroline Frisou sur son site internet: www.carolinefrisou.world