« Etre spirituel au sens littéral du terme c’est Spiritus qui veut dire « l’esprit ». C’est au quotidien, c’est constant. Je ne fais pas de distinction entre le moment où je vais dans un temple ou au marché.[…] C’est juste un état d’esprit, un état d’être. »

 

Aurélien Millot porte plusieurs casquettes: il est chef d’entreprise dans le domaine du textile, professeur de commerce, et co-créateur du centre bien-être « Shambali ». Dans cette interview, il explique comment le commerce fut son levier pour accéder à son rêve d’enfant: « Shambali ». Spirituel depuis tout jeune, Aurélien Millot a à coeur de porter l’idée d’un monde plus solidaire, éthique, et spirituel. Son élan naturel pour oeuvrer dans le sens d’un monde plus juste, le pousse à créer des événements, comme, ce 22 décembre où il initiera une méditation collective pour le bien de la planète. (plus d’infos sur le groupe facebook well-rounded root meditation)

 

Aurélien Millot Bonjour !

Je souhaiterai d’abord que nous nous arrêtions sur votre parcours atypique. Il repose sur un triptyque : vous êtes chef d’une entreprise de textile, vous donnez également des cours dans plusieurs grandes écoles de commerce, et avez co-créé un centre « Shambali » qui prône des valeurs spirituelles et vise à faire accoucher l’humain de lui-même. Pourriez-vous nous en parler ?

Bonjour à tous !

J’ai choisi le commerce pour voyager. Je viens de la banlieue de Valenciennes et je souhaitais élargir mes horizons.  Je suis chef d’entreprise à Shanghai. Nous sommes une dizaine de personnes. J’ai également une deuxième fonction dans ce que j’appelle « l’échange ». Je travaille autour de cette notion : la première voie est le commerce, la deuxième est la transmission. Je suis effectivement professeur pour différentes écoles de commerces et conférencier dans un cadre commercial. Je donne également de plus en plus de conférences au sein des écoles de commerce sur le bonheur, le sens de la vie, l’éthique. Sur comment faire du commerce propre. J’essaie d’ouvrir les consciences sur un nouveau paradigme qui est en train de s’opérer qui est basé sur une croissance plus qualitative, et non plus sur du quantitatif sans fin. Le troisième axe c’est l’ouverture de « Shambali ». C’est un centre holistique de bien-être à Bali. Je l’ai co-créé avec ma compagne. Il y a également quatre praticiens qui nous ont rejoints. Nous ouvrons en mars.

On peut parfois avoir une image du commerce « agressive ». Opposée aux valeurs que porte la spiritualité. Comment fait-on du commerce, pour un jour avoir l’idée d’ouvrir un centre aux valeurs spirituelles ?

Pour ma part, c’est l’inverse. Je dirai plutôt « Comment en étant quelqu’un de spirituel peut-on s’intégrer dans un monde marchand et marchant sur la tête ? »

J’ai utilisé le commerce comme un tremplin : je voulais voyager et comprendre ce système. Aller notamment sur les lieux de production. J’ai passé ma vie à voyager. J’ai eu la chance de visiter 70 pays dans le monde. C’est une chance, mais il y a un revers, c’est-à-dire que l’on se rend compte de la misère du monde. Je pense notamment au Bengladesh, au Pakistan. On se rend compte de l’exploitation aussi. Je souhaitais voir cette organisation sociale à travers le monde. L’idée c’était d’être là, un petit peu, comme un cheval de Troie.

Je suis spirituel depuis l’enfance. J’ai toujours senti à travers moi le Grand Tout, L’Esprit Universel, Dieu -peu importe le nom que l’on lui donne – J’ai toujours été croyant. Vers l’âge de 12 ans, j’ai été baptisé et je suis allé à l’école catholique, mais je n’arrivais pas à concevoir qu’il puisse y avoir une religion dictée. Je ne comprenais pas pourquoi l’une aurait raison, et les autres seraient dans l’erreur. J’ai commencé à m’intéresser à la plupart des religions et à leurs pratiques ésotériques. J’ai essayé d’établir des similitudes entre elles. Puis, je suis passé à la voie pratique. Je me suis rendue compte que tous les chemins mènent à Rome et qu’elles se rejoignent toutes, surtout dans leur partie ésotérique. C’est ma passion encore aujourd’hui.

Et mon activité commerciale effectivement a contribué à cela : ce fut mon tremplin dans cette recherche.

Nous vivons dans un monde où nous avons besoin d’argent. C’est un mauvais maître, mais un bon servant. C’est juste un moyen qui permet d’accéder à certaines choses, et notamment « Shambali ». C’est un projet que j’ai en moi depuis l’enfance. J’ai commencé à le mettre en forme il y a une vingtaine d’années, en écrivant des livres par exemple. Ce centre, c’est aussi le fruit de mes voyages, des témoignages et des expérimentations pratiques de la spiritualité. C’est la mise en pratique mise sous forme d’une discipline. Aujourd’hui, tous les domaines de ma vie s’embrassent parfaitement.

Est-ce qu’on peut dire que « Shambali » est le fruit de vos années d’expérience ? Car je crois que vous avez expérimenté toutes les disciplines que vous proposez dans ce centre ?

Oui. J’ai pratiqué toutes ces disciplines, même si pour certaines, je ne les enseigne pas. C’est un centre « holistique ». Holos en grec veut dire « entièreté ». C’est une vision d’ensemble. On ne dissocie pas les disciplines, mais on montre l’enchevêtrement qu’elles ont. Nous essayons de montrer le fil conducteur avec chacune d’elle. Si je prends l’exemple archétypal du Taï-Chi : « Chi » en chinois signifie l’énergie, qui est le même « Chi » en Japonais que l’on retrouve dans le Reiki – « ki » en japonais veut dire « énergie », qui est la même chose chez les Hindous, où l’on retrouve le prana… Donc, on parle de la même chose. Le fond ne diffère pas. Seule la forme change. C’est ce que j’essaie de montrer avec différents angles de vue : on a une dominante spirituelle, mais nous avons aussi un regard scientifique. C’est quelque chose qui me tient à cœur. On n’est pas exclusif, mais inclusif. Il n’y a pas de partie pris. Je pense notamment à mon père qui est athée : il est plus que bienvenu, parce que notre but n’est pas de faire des références systématiques sur la spiritualité. En revanche, bien sûr, on va s’ouvrir à différentes sphères de conscience. Mais à la fin, les gens feront ce qu’ils veulent. Ils pourront poursuivre chez eux s’ils le souhaitent ou non.

Vous dites que la spiritualité est quelque chose que l’on doit incarner dans notre quotidien, et qu’elle n’est pas séparée du reste. Qu’elle se vit tous les jours. Est-ce que vous pourriez nous en dire plus ?

Pour moi être spirituel au sens littéral du terme c’est Spiritus qui veut dire « l’esprit ». C’est au quotidien, c’est constant. Je ne fais pas de distinction entre le moment où je vais dans un temple ou au marché. En faisant des recherches, j’ai découvert qu’à priori, Mère Térésa n’aurait pas cru en Dieu, mais je trouve son attitude religieuse, dans le sens premier du terme, c’est-à-dire qui relie les gens. Il y a un sens noble dans ses actes si on le compare à d’autres personnes qui peut-être se disent plus spirituelles. Je ne suis pas schizophrène : je ne suis pas d’un côté un chef d’entreprise assoiffé de pognon et puis en parallèle, je fais mes retraites et je suis zen. Non ! Je suis la même personne. Quand j’étais petit, j’avais l’impression d’être en contact permanent avec Dieu. Et aujourd’hui, je ne le fais pas pour faire bien, pour les autres. Non. C’est juste un état d’esprit, un état d’être.

Vous proposez des retraites de 10 jours au sein de « Shambali ». Qu’y trouve-t-on quand on vient passer quelques jours dans votre centre ?

Les 10 jours sont symboliques : c’est un cycle. On espère que la personne finira sur une sorte d’évolution. On a prêté une attention particulière à la symbolique, tout a été pensé dans ce sens : le rapport aux 5 éléments (avec l’éther), les 5 sens, etc… Car l’on souhaite toucher la partie droite de l’hémisphère du cerveau qui est concernée par les métaphores. Les métaphores ne sont donc en aucun cas imposées, mais suggestives.

Tout le monde peut venir à « Shambali ». Il n’est pas nécessaire d’avoir des connaissances ou une expérience particulière. La seule chose que nous souhaitons, c’est un minimum d’ouverture de la part de la personne qui vient au centre. On peut bien sûr remettre en question ce que l’on propose, c’est même conseillé ! L’idée c’est « Pourquoi pas s’ouvrir pendant 10 jours à différentes manières de voir les choses ? ». Pour ceux qui ont déjà des connaissances, ils vont pouvoir faire des « piqûres » de rappel, et surtout des ponts entre les disciplines.

Qui vise-t-on ?

Les gens qui se posent des questions et qui ont l’impression malgré leur recherche qu’ils leur manquent quelque chose. On va donc essayer de trouver ce « quelque chose » ensemble. C’est ce que l’on appelle la maïeutique : on va essayer d’aider l’autre à le faire accoucher de lui-même. Mais on ne va pas leur dire : « C’est ça la voie ». Non ! C’est en eux et c’est à travers eux. On va donc suggérer différentes techniques, et ensuite, ils choisissent ce qui est bon pour eux ou pas, ce qui les fait avancer dans leur cheminement.

C’est à travers la notion de reconnexion à son soi supérieur, à la nature, aux gens, que les choses vont se faire. « Shambali » est fait pour les gens qui sentent qu’ils ont besoin de passer à autre chose. Parce qu’ils sentent quelque chose de transcendental qu’ils n’arrivent pas à expliquer, au-delà de notre vie en 3D. Ils se disent qu’il y a peut-être autre chose à « gratter » au-delà de cette vie que proposent nos sociétés occidentales basées sur le consumérisme. La quête c’est l’harmonie individuelle, et ensuite collective. C’est trouver cette unité individuelle pour s’ouvrir sur le monde global et aussi invisible, c’est-à-dire la notion d’énergie.

L’énergie est la pierre angulaire de notre centre. Einstein disait que « Tout est énergie », ainsi que Nicolas Tesla. Beaucoup de grands penseurs en ont fait mention : Marx Planck, Niels Bohr, etc… Tout est énergie, même notre matière. Nous allons donc essayé de travailler à partir de cela pour les aider à ouvrir de nouveaux champs de vision qu’ils n’avaient pas forcément avant. L’idée est de s’ouvrir à de nouvelles choses.

« La quête c’est l’harmonie individuelle, et ensuite collective. C’est trouver cette unité individuelle pour s’ouvrir sur le monde global et aussi invisible, c’est-à dire la notion d’énergie. »

 

Le but, ce n’est pas qu’ils soient « barrés » hein ! (rire) Mais au contraire, d’être encore plus ancré dans la vie de tous les jours, avec un bon équilibre. C’est un autre mot clef : la balance. Car il est clair que « Shambali » est un endroit magnifique, donc, là-bas il n’y a pas de difficulté à être bien. En revanche, notre challenge, c’est que les gens ramènent cette belle énergie, les choses qu’ils ont appris, chez eux. Le but est de les réactiver dans leur vie de tous les jours pour qu’il n’y ait pas justement un retour difficile à la vie réelle. Qu’à leur retour, ils puissent vivre plus harmonieusement et rayonner, et que cela se propage dans leur environnement.

Quels sont les domaines que vous proposez dans vos ateliers pour permettent aux personnes qui viennent vous voir de trouver un meilleur alignement ?

Il y a une vingtaine de disciplines et huit concepts. Sans être exhaustif, on y trouve la méditation -qui est importante-, le pilates, le Yoga, le Chi Kong, le Reiki, l’auto hypnose, les massages aquatiques, le mandala thérapie… Ces domaines sont proposés sous forme de cours ou d’ateliers. Je prends l’exemple de l’auto hypnose : cela dure 3heures. On va expliquer, selon des thèmes, comment cela fonctionne. Selon ce pourquoi la personne est là (manque de confiance en soi, l’enfant intérieur à soigner, etc…), on lui mettra des pistes qui sont pré-établies. Par contre, cela sera fait avec sa voix et ses mots, pour qu’elle puisse comprendre la technique et le reproduire chez elle avec tous les sujets qu’elle voudra explorer par la suite. L’idée c’est d’expérimenter ces expériences et ensuite, que ces personnes puissent explorer, développer, continuer cela en rentrant chez eux si elles le souhaitent. A l’issu de cela, elles auront la palette des 5 techniques principales de méditation. Elles vont choisir celles qui leur parlent le plus. De la même manière, je pense à la respiration holotropique. C’est une technique d’hyperventilation qui permet de guérir certains traumatismes physiques et physiologiques. C’est une méthode assez prenante, « costaude ». Mais, une fois assimilée, les gens qui viennent dans notre centre peuvent le refaire chez eux, ensuite.

On prend le temps qu’ils puissent noter ces techniques, le soir, quand ils sont de retour dans leurs chambres.

                                         

On pense également créer une autre retraite plus courte, car plusieurs personnes nous l’ont demandé, pour une notion de prix. Nous essayons de réfléchir sur quelque chose sur 5 jours. Il n’y aura pas l’essence des 10 jours, mais nous entendons la demande, et nous étudions cette possibilité.

On a un atelier de Derviches Tourneurs également. Je pratique cette danse Soufi depuis environ 15 ans, et on le fait ensemble au sein de cet atelier afin de pouvoir le reproduire chez soi. Je pense également à la danse extatique que j’appelle la « transe en danse » qui pourra être refaite chez soi également. C’est se caler à la vibration, à l’énergie, au tempo du moment et pouvoir exprimer ce que vous souhaitez vraiment exprimer à ce moment-là. Le regard des autres ne compte pas, il n’y a pas de règle : c’est spontané et non-conventionnel. C’est justement le « gros défouloir » ! Tout est permis. On a choisi que les gens soient masqués pour le faire pour qu’ils se sentent libres d’exprimer vraiment ce qu’ils veulent sans être en proie au regard des autres. C’est s’éclater sans alcool ni substitut, pour réellement se lâcher un bon coup et vibrer avec la musique. C’est très rythmé. Il y a beaucoup de percussions afin de rentrer dans une atmosphère, une ambiance.

La société est sujette à beaucoup d’excès : alcool, drogue, etc… Nous sommes conscients que l’humain a besoin d’états modifiés de conscience. On ne peut pas rester linéaire tout le temps, à la même fréquence. Et il a besoin de sensations fortes. On peut retrouver ces états de manière naturelle à travers différentes disciplines. Cela permet que ce soit des palliatifs « sains » à ces potentielles addictions. On n’est pas dans le curatif néanmoins, mais dans le préventif. Mais ce peut-être une compensation pour les personnes qui ont eu des problèmes d’addictions dans le passé par exemple.

Nous proposons également une sorte d’enseignement sur la nutrition : on sert des menus végétariens avec différentes approches : ayurvédiques, cru, etc…Ce que l’on souhaite montrer aux gens c’est qu’être végétarien, ce n’est pas être « chiant à mourir » ! Je suis végétarien depuis de nombreuses années, et je mange des choses extraordinaires en terme de sensations et de goûts. C’est très métaphorique, car c’est ce que nous essayons d’enseigner pour la vie en général : 

on n’est pas obligé de se défoncer tous les week-ends ou prendre son « petit verre de vin » ! Une bonne méditation peut faire plus d’effets parfois que d’autres substituts. C’est un peu l’idée : faire que les gens par le biais de méthodes naturelles et simples puissent ré-accéder à des clefs du bonheur simples. Ces clefs sont également physiologique d’ailleurs : les endorphines, les ocytocines – l’hormone de l’extase et du sentiment d’appartenance à quelque chose de supérieur- Le but c’est que les gens recommencent à comprendre leur corps et tous ces schémas simples dont ils se sont peut-être un peu éloignés.


Dans tous les domaines que vous proposez, on observe qu’ils peuvent conduire à des états-modifiés de conscience, une sorte de transcendance en sommes. Le but que vous recherchez est-il que la personne puisse se rapprocher de son âme, ou de sa part la plus grande ?

Oui, tout à fait. Dans chacune des disciplines, on est toujours dans un triptyque : c’est une sorte de balance et de connexion avec le corps, l’esprit et l’âme. L’âme est le troisième axe, le plus subtil. Tous les gens au départ ne sont pas ouverts à cette notion et cette existence de l’âme. Nous pouvons le prendre dans un schéma plus analytique : c’est le conscient, l’inconscient et l’inconscient collectif, ou la Source Primordiale et Universelle. Peu importe le terme. Donc, nous allons être dans une espèce de quête d’harmonie du corps, de l’esprit et de l’âme. Le but c’est d’être dans cet équilibre. Etre dans le plaisir des choses qui vont vous faire du bien, vous faire sourire, parce que rire est important aussi pour que l’humain soit en bonne santé. Et ensuite, la connexion métaphysique avec quelque chose de supérieur. Cela émane de quelque chose de très profond. On va aller creuser à l’intérieur de cela, mais en respectant les limites de la personne. Le but n’est pas d’être intrusif et de pousser la personne dans des endroits où elle ne veut pas aller. Mais si certaines personnes veulent aller explorer plus profondément, on sera là pour essayer de les accompagner pour se reconnecter à leur soi supérieur.

Oui, car vous proposez un accompagnement très personnalisé…

On a la chance d’être un groupe de moins de 20 personnes. On ne veut pas tomber dans l’idée d’un centre « supermarché », où ce serait un peu l’usine. Car cela ne permet pas de connaître correctement les gens présents. Au bout de quelques jours, à « Shambali », on fait en sorte de connaître les gens qui viennent nous voir. A la fin, ils deviennent quasiment des amis, entre eux, et avec nous. On ne poussera pas les gens à se livrer s’ils ne le désirent pas, mais s’ils en ressentent le besoin, ils sont les bienvenus ! Nous n’avons pas pour vocation d’être psychologue, mais nous sommes « de bonnes oreilles et de bonnes épaules ». Nous avons -avec mon équipe- toujours fonctionné comme cela, et nous prenons du plaisir à le faire. Il y a cette volonté avant toute chose d’aider les gens et de faire en sorte qu’ils accouchent d’eux-mêmes.

                                                                                       

Avec « Shambali », vous vous inscrivez dans une démarche qui prend l’humain dans sa globalité, et qui va dans le sens d’une nouvelle manière de penser les choses, vers l’ouverture d’un nouveau paradigme. Vous avez donc eu l’idée de mettre en lien les acteurs de ce changement qui est en train de se faire. Pourriez-vous nous en parler ?

Les gens sont en train d’avoir de grandes prises de conscience. Ils se posent de plus en plus des questions sur leur raison d’être, le sens de leur vie, etc… Il ne faut pas rejeter la matérialité, ce n’est pas mon propos. Mais, on se rend compte qu’il y a des problèmes qui émergent à différents niveaux quand on considère que seuls notre nouvelle voiture, ou avoir de l’argent par exemple sont au cœur de notre vie.  On assiste à une perte de sens chez beaucoup de gens. C’est l’un des principaux soucis contemporains. On n’a jusqu’ici pas vraiment eu le temps de se poser la question, car après la guerre, on était plutôt préoccupé par le fait de rebâtir. Sans être apocalyptique ni négatif, on peut constater qu’il y a un triptyque qui n’est pas totalement gagnant : un système financier qui est basé sur l’illusion et ne prend pas en compte le bien commun, la dimension social qui est pyramidal et inégalitaire et qui met plein de gens de côté, et l’écosystème qu’on est en train de « flinguer » – on a tué 40% de nos espèces- On est dans un schéma qui n’est pas très positif. Il y a une prise de conscience qui est en train d’opérer, et heureusement. Nous, avec notre initiative, on aspire à être copié et vite ! On souhaite que des initiatives similaires émergent partout dans le monde. Nous souhaitons qu’il y ait une prise de conscience globale et que l’on repense tous ensemble notre système.

Certaines personnes penseront que c’est facile de dire cela, au vu de mon stat de chef d’entreprise, mais non ! Ce n’est pas de la démagogie, c’est sincère. Si je souhaitais continuer à rester dans mon entreprise, ce serait beaucoup plus simple pour moi. Cela fonctionne mieux que la prise de risque que je tente avec « Shambali ». J’ai toujours eu conscience que cela ne pouvait pas durer tel que cela est aujourd’hui. Et que nous allons vivre un changement.

Je ne suis pas apocalyptique, même si « Apocalypse » signifie en réalité « la levée des voiles », donc, pour d’autres horizons. C’est seulement la prise de conscience que l’on ne va pas forcément dans la bonne direction. Je suis dans une optique d’abondance, de croissance qualitative, de se refréner dans la quête d’un profit toujours plus grand, parce que cela ne peut pas continuer comme cela. Les gens doivent prendre conscience qu’ils ont les moyens de choisir leur vie. Je ne crois absolument pas à un changement qui passerait par les tenants du pouvoir. Je pense que ces changements vont s’opérer. Mais je ne suis pas du tout dans un chaos ou une forme de révolution. Je suis plutôt dans cette métaphore de restituer le patrimoine mondial de l’humanité, petite pièce par petite pièce pour éviter d’aller trop vite et que cela s’écroule. Il faut que les fondations soient solides. Einstein disait « Vous ne pouvez pas solutionner les problèmes de ce monde avec le même esprit qui les a créé. ». C’est exactement cela. On va devoir, tous ensemble se creuser la tête pour rétablir de nouvelles bases fondées sur des valeurs, une éducation, plus de chances pour tous etc… Cela peut paraître un peu « bisounours », non ! C’est certes un peu utopiste, mais le constat est là : les gens se posent des questions, et cela fait plaisir ! A travers mes différents voyages, j’ai eu l’occasion de parler avec différentes personnes, et tout le monde a cette même volonté de remettre en place les choses. Mais tout le monde pense qu’il est tout seul dans son coin. Simplement, je pense qu’une grosse majorité est prête à remettre en place de nouvelles choses, et j’ai vraiment l’espoir que cela va bien se passer. On est en marche pour le faire.

 

« Je voudrai que l’on mette la lumière sur ces gens, que l’on prenne ces idées, et qu’on les démultiplie. Qu’on avance tous ensemble. »

Vous aimeriez les mettre en lien ces personnes ? Ou peut-être répertorier ces initiatives ?

Oui, exactement. « Shambali » dans mon esprit est un peu l’arbre de vie. L’arbre qui cache la forêt. Nous avons énormément d’idées : nous aimerions investir dans le domaine des neuro-sciences, et la sonothérapie. Dans des types de médecine non conventionnelles, chinoises ou autres qui sont plutôt dans une démarche préventive, et non curative. En Chine, les médecins qui ne trouvaient pas les maladies n’étaient pas payés. Nous avons un système inversé – pas partout non plus – et la médecine est devenue dans beaucoup de pays du monde une industrie. On n’a pas vraiment vocation à ce que l’on aille mieux, et même parfois, au contraire. Sans être conspirationniste, on tend à être dans le préventif.

Il y a une grosse partie des bénéfices de « Shambali » qui est reversé à un orphelinat, car les enfants sont les bases de notre futur, donc, nous y tenons.

Pour revenir à ce que vous citiez tout à l’heure, nous avons pour ambition de faire une sorte de « Menshmark » du monde, une sorte de référence, de point de repère. « Men » c’est les hommes, l’Humanité. C’est un jeu de mots. Il y aura un volet associatif : on souhaiterai aider certaines personnes qui n’ont pas les moyens à se former et les orienter sur des projets pour qu’ils soient indépendants. Et au-delà, nous voulons constituer une grande base de données pour inventorier les bonnes idées qui émergent autour de la planète. Car si on regarde les informations à la télévision, on ne nous montre que les choses qui ne vont pas, alors qu’il y a plein de choses qui vont bien ! Cela entretient la sinistrose alors qu’il y a énormément de belles choses, de gens qui se bougent en banlieue, dans des endroits reculés, etc… J’ai été encore notamment en lien cette semaine avec un homme qui construit des cabanes et qui est complètement auto-suffisant en termes d’écologie. Je trouve cela admirable ! Je voudrai que l’on mette la lumière sur ces gens, que l’on prenne ces idées, et qu’on les démultiplie. Qu’on avance tous ensemble. Cela passe par énormément de choses : la science, la spiritualité, etc… Donc, il serait bien, oui, de structurer ces initiatives pour les inscrire dans une base de données où l’on retrouverait les compétences des gens en question. Le but étant d’être une grande interface avec plein d’autres acteurs de ce changement.

En Asie, on dit « La force est dans l’union ».  C’est-à-dire que l’on ne fait pas les choses, tout seul. On a donc besoin de tout le monde. Il faut qu’on apprenne à collaborer. La notion de « C’est moi qui l’ai fait » doit devenir inutile. J’espère que « Shambali » inspirera d’autres personnes par exemple. Parce que ce n’est pas MON idée. C’est une idée qu’on a « téléchargé » du monde des idées de Platon. Je n’en suis pas propriétaire. Cela nous a été insufflé. C’est le principe du « brainstorming », de faire circuler les idées, qu’elles se diffusent et de les mettre un peu plus en relief sur la planète. Le but c’est que les gens se mettent en marche, sans attendre que les gouvernements fassent des choses pour nous. Il faut prendre en main notre dessein. On va rebâtir tous ensemble de manière totalement respectueuse et pacifique.

 

« Le but c’est que les gens se mettent en marche, sans attendre que les gouvernements fassent des choses pour nous. Il faut prendre en main notre dessein. »

Vous parlez de l’intérêt de ce collectif. Du fait que seul, on ne fait pas grand choses. Vous allez justement proposer une méditation collective le 22 décembre 2018. Pourriez-vous nous en dire davantage ?

La première se fera le 22 décembre à 14h. C’est en anglais, mais nous allons le traduire afin qu’il existe une version française. La page facebook où l’on peut trouver toutes les informations s’appelle : « Well-Rounded Root Meditation ». C’est un jeu de mots avec « Racine ronde » et « Racine Carrée ». Il y a une formule qui existe depuis longtemps : elle sous entendrait que la racine carrée d’un pour cent de la population qui ferait une méditation avec une volonté particulière, portée par une intention sincère, obtiendrait un résultat sur la matière. C’est ce qui s’est passé le 1er août 1993 : le New York Times a relaté qu’après une méditation où 4000 personnes, porteuses de l’intention de diminuer le taux de criminalité de manière conséquente, les commissariats avaient enregistré 25% de baisse. Nous souhaiterions qu’il y ait 10 000 personnes minimum ce 22 décembre, pour envoyer de l’amour et de la lumière sur la planète. C’est une méditation de 9 minutes enregistrée en Français et en Anglais. L’idée c’est que l’on peut faire des choses ensemble. Et oui : rien qu’avec la méditation, et avec la visualisation on peut ancrer et œuvrer sur le fait que les choses vont mieux et vont continuer dans ce sens ! Cela ne va pas résoudre tous les problèmes, mais c’est un premier pas. C’est aussi montrer qu’on peut se montrer solidaire en se mettant tous ensemble derrière un beau projet. Il y en a beaucoup d’autres qui initient ce genre d’initiatives, et je souhaite que nous soyons un affluent qui va rejoindre une rivière ou la Source, avec d’autres. Il suffit juste de télécharger la piste audio de 9 minutes. Cette date n’a pas été choisie au hasard vu qu’elle correspond au solstice d’hiver, et à la pleine lune. Juste avec leur bonne volonté, qu’ils soient dans l’avion, le train, en taxi ou autre, les gens peuvent prendre le temps de visualiser que les choses vont bien. Même ceux qui n’ont jamais fait de méditation sont les bienvenus. C’est le même principe qu’une prière. Il faut juste un cœur pur, une bonne volonté. L’humanité va montrer qu’elle peut retrouver son humanité. C’est 9 minutes pour se mettre à l’unisson. Cela paraît court, et ce n’est pas forcément facile à mettre en œuvre. Mais on va le faire !

N’hésitez pas pour ceux qui nous écoute à relayer l’info : plus on sera nombreux, et plus on aura d’impact pour créer de belles choses !    

On sera là ! Auriez-vous un petit mot de la fin pour les gens qui vous écoute aujourd’hui?

Qu’ils continuent à rêver très fort et à croire aux belles choses ! Depuis que je suis enfant, cela ne m’a pas passé. C’est important de conserver un lien avec notre enfant intérieur, c’est aussi cela pour moi l’éveil. J’aimerai donc finir sur cette phrase du Petit Prince que je relis très souvent : « Fais de ta vie un rêve, et de ce rêve, une réalité » ! Je souhaite que les gens recouvrent cette notion de croire en leur rêve, notamment dans cette période de trouble où ils perdent parfois confiance en l’humain, en un système. On peut être un peu déboussolé, et ça se comprend parfaitement. Mais il est important d’avoir la force de se dire : « Non, on va refaire les choses et trouver des solutions ensemble ! » Je sais que c’est nous qui allons le faire, tous ensemble. J’y crois sincèrement !

 

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